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 Ciao, ciao Provenzano

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TrinacriaLupara

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MessageSujet: Ciao, ciao Provenzano   Sam 19 Mai 2007, 02:53

Bernardo Provenzano - Biographie :




A 26 ans :







Ce jour :







Bernardo Provenzano devient le chef de la famille des Corleonesi, et donc de facto le capo di tutti capi, après l'arrestation en 1993 de Toto Riina, commanditaire des assassinats en 1992 des juges anti-Mafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino.

Il est impliqué dans des centaines de procédures pénales. Il a été cité dans de nombreux procès anti-mafia depuis le début des années 1980 par les repentis. Il a entretenu des relations conflictuelles avec Toto Riina, ex-patron de la « cupola », le « parlement » de la mafia sicilienne.


Bernardo Provenzano en 1959 alors âgé de 26 ans.Comme Toto Riina, Provenzano a appartenu initialement à la bande de Luciano Liggio de Corleone. Il a commis ses premiers meurtres au début des années 1960, lors de la guerre qui a opposé le clan de Corleone au clan Navarra de Palerme. Son visage était ignoré de la plupart de ses collaborateurs des clans corleonais. Il ne communiquait que par des messages codés sur papier avec ses hommes de confiance. Il est connu sous le nom de « Zu Binu » en dialecte sicilien ou « u tratturì », le tracteur, pour sa détermination.



Trahi par ses "Pizzini" :


Bernardo Provenzano a été trahi par ses «pizzini». Ces minuscules bouts de papier roulés en boule qu'il utilisait pour communiquer dévoilent le fonctionnement de Cosa Nostra.

L'histoire est incroyable, et comme toutes les histoires incroyables, elle est pratiquement passée inaperçue.
On en a peu parlé en France, mais l'arrestation de Bernardo Provenzano, chef suprême de la Mafia, le 11 avril 2006, n'a pas seulement décapité l'organisation.
Elle permet aux spécialistes du phénomène mafieux de pénétrer, pour la première fois, un monde opaque où le manquement au secret est puni de mort.
Plus incroyable encore, si les chercheurs peuvent désormais étudier la Mafia de l'intérieur, c'est qu'elle a dérogé à la règle la plus élémentaire qu'elle avait elle-même instituée : la discrétion.
En effet, Provenzano donnait ses ordres par le biais de pizzini, petits messages roulés en boule trouvés au fond de ses poches et de celles de ses lieutenants.
La traque de Provenzano, 73 ans, poursuivi en permanence par 400 policiers et carabiniers, aura duré quarante ans.
Depuis des années, des hommes travaillent sans relâche à son arrestation avec, pour seul indice, un portrait-robot établi en vieillissant la seule photo que l'on possédait de lui et qui datait de 1963.
Après quelques descentes infructueuses dans des propriétés des environs de Corleone, la police va enfin mettre la main sur lui.
L'arrestation a lieu par un jour de pluie, dans une ferme, aux abords de la ville de Corleone, «berceau» de la Mafia. Dans un premier temps, le parrain nie sa véritable identité, puis finit par avouer. «Oui je suis bien Bernardo Provenzano, avant d'ajouter : vous ne savez pas ce que vous faites.»
Originaire de Corleone, Provenzano est né en 1933 et passera à la clandestinité dès 1963. Trente ans plus tard, il succède à Toto Riina, dit «le Fauve», arrêté pour avoir commandité les assassinats des juges anti-Mafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino.
Le capo dei capi, chef suprême de l'organisation, a été trahi, dit-on, par un paquet de linge sale envoyé, cela ne s'invente pas, au pressing de Mme Provenzano (Saveria Benedetta, de son nom de jeune fille) accolé, qui plus est, à une caserne de carabiniers. Le linge, une fois lavé, mènera à la cache du parrain.
Quelques semaines plus tard, quand les policiers y pénètrent, Provenzano est seul, en tee-shirt, pas armé, avec pour seule compagnie une machine à écrire. On trouvera aussi deux disques d'un chanteur populaire des années 50 et la bande sonore du Parrain.
Il avait préféré la machine à écrire aux téléphones portables ou aux messages oraux traditionnels.
Erreur, c'est elle qui achèvera de le trahir. L'homme et sa machine sont immédiatement séquestrés.
Provenzano regarde les policiers cagoulés droit dans les yeux avec un sourire qui en dit long.
Autrefois, c'étaient les bandits qui étaient cagoulés, pas les policiers.


Un véritable livre ouvert :


La Mafia est loin d'être vaincue.
Mais la police anti-Mafia a porté un très mauvais coup à la pieuvre en mettant la main sur des centaines de pizzini.
Les messages, de la taille d'une boulette de mie de pain, parlent.
Les policiers possèdent désormais la possibilité de déchiffrer le «code Provenzano» et les pizzini provoquent une hécatombe.
Deux mois après l'arrestation du chef, dans le cadre de l'opération Gotha qui mobilise 500 policiers, quarante-cinq personnes sur cinquante-deux visées par des mandats d'arrêt sont mises sous les verrous. Et cela ne fait que commencer.
A Paris, Deborah Puccio-Den, palermitaine, chercheur associé au Groupe de sociologie politique et morale (laboratoire de l'Ecole des hautes études en sciences sociales) étudie les pizzini.
Elle est la seule anthropologue qui étudie cette méthode de communication de la Mafia et auteur d'un article de référence : Le Juge et l'Anthropologue, l'enquête de Giovanni Falcone sur la Mafia en Sicile, Ethnologie française, 2001.
«La découverte de centaines de pizzini dans la cache de Provenzano, explique-t-elle, a permis de faire un grand pas dans la compréhension du système de fonctionnement de la Mafia. Une confirmation décisive suite aux déclarations des repentis qui avaient déjà permis de découvrir son vocabulaire et de mettre à jour sa hiérarchie. Et comme c'est une hiérarchie pyramidale, l'arrestation de Provenzano est capitale.» Comment expliquer l'utilisation de petits bouts de papier pour communiquer, alors qu'il y a des téléphones portables ? «Pour éviter l'utilisation de téléphones portables que l'on peut mettre sur écoute, et échapper aux micros posés par la police, Provenzano a développé et systématisé l'utilisation d'un moyen de communication archaïque. Et ce qui est inimaginable, c'est que la Mafia a été trahie par l'écriture, alors qu'elle pensait que ce moyen la protégerait.»
Si ces pizzini ont permis de faire un grand pas dans l'étude du fonctionnement de la Mafia, ils ne datent cependant pas d'aujourd'hui. Dès 1995, on les retrouve dans les poches des mafieux arrêtés. Giovanni Brusca, mis en prison pour avoir déclenché la mise à feu de la tonne de TNT qui pulvérisera la voiture du juge Falcone et 100 mètres d'autoroute en creusant un cratère de 8 mètres, en avait sur lui. Lorsqu'il se repentira, il livrera le secret de ce moyen de communiquer.
«Les pizzini, explique Deborah Puccio-Den, révèlent le contrôle capillaire qu'exerce la Mafia sur le territoire, mais aussi le rôle du chef dans la médiation des conflits entre les familles. Les pizzini qui ont été mis à ma disposition par les procureurs - ceux qui ne sont plus sous le secret de l'instruction - font état d'un langage très administratif.
Les pizzini sont toujours tapés à la machine par Provenzano, mais les réponses qui lui sont faites peuvent aussi être écrites à la main.»


Existe-t-il un code ?


«Oui, les interlocuteurs de Provenzano ne sont pas appelés par leurs noms, mais par des numéros, et l'on sait que Provenzano était le numéro un.
Pour les autres, les chiffres ne correspondent pas à un ordre hiérarchique.
Les procureurs ont dû recouper les pizzini avec des écoutes téléphoniques et avec des écoutes d'ambiance pour comprendre qui était qui, et qui faisait quoi.»
Et Deborah Puccio-Den d'expliquer qu'il y a aussi des formules. «Tous les pizzini écrits par Provenzano commencent par une formule : "Très chers amis, j'espère que ma lettre vous trouvera tous en bonne santé, comme je le suis moi-même grâce à Dieu."
A la fin du message, on trouve aussi régulièrement celle ci : "Dieu vous bénisse et vous protège."
La référence à Dieu dans ces formules interpelle l'anthropologue que je suis.



Mais en quoi la découverte des pizzini est-elle réellement un tournant dans la compréhension du système mafieux ?


«C'est la première fois que l'on a des sources directes qui ne sont pas filtrées par l'institution judiciaire. En tant que chercheur, je peux enfin avoir un regard de l'intérieur sur les "hommes d'honneur". Les aveux des repentis, unique source interne que nous avions auparavant, n'étaient pas spontanés».

Et Deborah Puccio-Den d'insister sur le fait que les pizzini étaient le maillon manquant de son étude.
La jeune femme travaille en collaboration avec les procureurs qui sont, depuis le temps, devenus des experts.
Leur expérience lui est précieuse dans l'étude de l'univers mafieux. La chercheuse peut désormais suivre tout le circuit, de l'écriture du pizzino jusqu'à son insertion dans le cadre d'une enquête judiciaire.
Par ce biais, elle analyse la confrontation entre la Mafia et le système judiciaire italien.

Une phase de déstabilisation :


Au palais de justice de Palerme, aux allures d'immense bunker mussolinien, le procureur Maurizio di Lucia, dans son bureau blindé gardé en permanence, parle de l'importance de l'arrestation de Bernardo Provenzano.
«C'est une étape très importante, car Provenzano représentait l'équilibre entre les différentes familles. Son arrestation nous a permis d'établir une carte des réseaux et indique que la Mafia va traverser une phase de déstabilisation. Mais soyons réalistes : la Mafia entame une période de déclin qui n'est en rien sa défaite finale. Les organisations anti-Mafia doivent occuper le terrain plus que jamais. Je pense aux associations anti-extorsion et à ce que font de plus en plus de jeunes pour soutenir les commerçants qui refusent de payer une dîme à la Mafia. La découverte de centaines de pizzini est aussi un élément très important.»
Un peu plus loin, dans un hôtel via Roma, rencontre avec Giuseppe Lumia, parlementaire et ex-président de la commission anti-Mafia.
Il arrive furtivement, entouré de quatre gardes du corps. La Mafia l'a condamné plusieurs fois à mort, et comme Rosario Crocetta, le courageux maire de Gela qui vit reclus dans un bureau blindé, une voiture blindée et un appartement aux abords éclairés jour et nuit, il explique que l'Italie en général et la Sicile en particulier vivent un tournant qui peut être décisif dans la lutte contre la Mafia.
«L'arrestation de Provenzano est fondamentale, mais ce sont les mentalités qu'il faut s'acharner à changer en profondeur. Les jeunes doivent apprendre à l'école la valeur du droit. Le gouvernement doit stopper la marginalisation sociale. Je constate au fil du temps que la société civile devient de plus en plus anti-Mafia avec une qualité de réaction que l'on ne soupçonne pas.» Quand tout cela finira-t-il ? Combien de morts et d'arrestations dénombrera-t-on encore à Palerme, Catane ou Syracuse ?

Le juge Falcone disait :
«Le courageux meurt une seule fois, le lâche plusieurs fois par jour.»

La phrase est magnifique, mais ne laisse pas assez de place à l'espoir.

C'était peut-être encore trop tôt !
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Gigi
BO$$
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MessageSujet: Re: Ciao, ciao Provenzano   Mer 30 Mai 2007, 12:47


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Ciao, ciao Provenzano
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