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 Al Capone

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TrinacriaLupara

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MessageSujet: Al Capone   Sam 19 Mai 2007, 02:57

Al Capone





1899 - 1947


Criminel, Gangster, Homme d'affaire et Hors-la-loi (Américain)

Né le 17 janvier 1899

Décédé le 25 janvier 1947 (à l'âge de 48 ans)


De nombreuses inexactitudes ont été rapportées au sujet d'Al Capone dans les journaux, les magazines, les livres et les films. La plus fréquente est que, à l'instar des gangsters de l'époque, il est né en Italie, ce qui est complètement faux. Ce véritable tsar du crime était un produit local, transformant la société criminelle italienne en une entreprise purement américaine. Plusieurs immigrants italiens sont arrivés en terre américaine avec guère plus que ce qu'ils avaient sur leur dos, tout comme la plupart des immigrants des autres nationalités. La plupart étaient des paysans fuyant l'absence de possibilités de l'Italie rurale. Une fois arrivés en Amérique, ils finissaient comme ouvriers à cause de leur méconnaissance de la langue et l'absence de formation professionnelle. Ce n'était pas le cas de la famille Capone.

Gabriele Capone, et non Caponi, fut parmi les 43 000 italiens arrivés en sol américain en 1894. Barbier de profession et pouvant lire et écrire dans sa langue maternelle, il venait du village de Castellmarre di Stabia, situé au sud de Naples. Agé de 30 ans, Gabriele est accompagné de sa femme Teresina (aussi appelée Teresa), agée de 27 ans et enceinte, et de ses deux fils : Vicenzo, deux ans, et Raffaele, un poupon. Contrairement à plusieurs autres immigrants italiens, il arrivait sans devoir son passage. Il prévoyait travailler afin de pouvoir ouvrir son propre salon de barbier.

En compagnie de plusieurs autres italiens, les Capone s'établirent à Brooklyn, près du chantier maritime. L'appartement du 95 Navy Street n'avait pas l'eau chaude, pas de toilette intérieure ni de meubles et le voisinage était loin d'être tranquille, à cause de la proximité du chantier maritime. C'était un début austère dans ce nouveau monde. Savoir lire et écrire permi au père de famille de se trouver un emploi dans une épicerie jusqu'à ce qu'il puisse ouvrir son salon de barbier. Teresina faisait de la couture, afin de boucler les fins de mois, en plus de s'occuper de la maison et de ses fils. Son troisième enfant, Salvatore, naquit en 1895. Son quatrième fils, le premier à être conçu et mis au monde en Amérique, est arrivé le 17 janvier 1899. Il fut prénommé Alphonse.

Mais qui étaient ces deux personnes, elles qui ont donné le jour à un criminel mondialement connu ? Lui ont-ils transmis un gène violent dominant ? Un chromosome ayant subi un mystérieuse mutation ? Alphonse fut-il abusé ? A-t-il passé son enfance au milieu de meurtriers et voleurs ? La réponse à toute ces questions est non. La famille Capone était tranquille, très attachée aux valeurs tradditionnelles. Laurence Bergreen explique dans sa biographie «Capone : The Man and the Era» que la mère était renfermée tandis que son mari en imposait plus du fait de sa grande taille et de son charme. Tout comme son épouse, il était très modéré, particulièrement pour la discipline. Il ne frappait jamais ses enfants, préférant la parole et les sermons. La méthode fonctionnait.

Rien dans la famille Capone ne laissait présager ce qu'Alphonse Capone allait devenir. Aucune violence, maladie mentale ou malhonêteté. Parents et enfants étaient liés et aucun événement traumatique aurait poussé les enfants vers la vie de criminel. Aucun n'était psychotique ou psychopathe ni même fou. Ils ne descendaient pas d'une lignée de criminels. Ils étaient repectueux de la loi, une famille italienne tout à fait ordinaire ne démontrant pas un génie particulier pour le crime ou autre chose.

En mai 1906, Gabriele est devenu citoyen américain. Bien qu'ils aient conservé leurs noms italiens au sein de la famille, les enfants Capone furent connu sous leur nom américain : Vincenzo est devenu James ; Raffaele, Ralph ; Salvatore, Frank et Alphonse est devenu Al. Plus tard, Amadeo Ermino (John), Umberto (Albert John), Matthew Nicholas, Rose et Malfalda vinrent compléter la petite famille.

Peu après la naissance d'Al, Gabriele déménagea sa famille dans un meilleur logement situé en haut de son salon de barbier au 69 Park Avenue, à Brooklyn (et non pas la huppée Park Avenue située à Manhattan). Ce déménagement exposa Al à d'autres cultures puisque le voisinage comprenait des irlandais pour la plupart, mais aussi des allemands, suédois et chinois. Le contact avec d'autres ethnies permis à Al une évasion du milieu solidement lié et imperméable italien. Il ne fait aucun doute que cette ouverture aida Al dans son rôle de chef d'un empire criminel.

L'église de la paroisse St-Micheal était située à un coin de rue de la demeure des Capone et c'est son révérend, le Père Garofalo, qui baptisa Al, alors agé de quelques mois. L'atmosphère du quartier est décrite dans le livre de John Kobler, «The Life and World of Al Capone» : «La vie dans ce secteur, où Al passa ses dix premières années, était dur sans être ennuyant ; il s'y passait toujours quelque chose. Des groupes d'enfants vêtus de guenilles amenaient une vitalité explosive jouant au ballon balais, évitant le trafic, se battant et se plaignant pendant que leurs mères allaient et venaient du marché avec les provisions du souper du soir. Des paniers de fruits et légumes étaient alignés aux coins des rues, ce qui donnait de la couleur et une odeur au quartier. Les escaliers de secours ornant les appartements cliquetaient au passage des trains sur l'Avenue Myrtle.»

À l'âge de cinq ans, en 1904, Al fit son entrée à l'école publique no 7 sur la rue Adams. Les attentes scolaires face aux immigrants italiens étaient très pauvres, le système scolaire ayant beaucoup de préjugés face à ces enfants et faisant très peu d'efforts afin de les encourager à étudier. D'un autre côté, leurs parents les poussaient à travailler et rapporter dès qu'ils en avaient la possibilité et l'âge.

Bergreen décrit pour nous les conditions scolaires défavorables réservées aux immigrants italiens : Les écoles, comme celle fréquentée par Capone, n'offraient aucun support aux petits italiens naturalisés en fait d'intégration au style de vie américain. Les institutions étaient rigides, suivaient des dogmes sévères ou la force tenait souvent lieu de discipline. Le corps professoral consistait souvent d'adolescentes catholiques irlandaises ayant reçu une éducation dans les couvents. Il n'était pas rare de retrouver une jeune fille de 16 ans, gagnant à peine 600,00$ annuellement, enseigner à des jeunes ayant un à deux ans de moins qu'elle. Les coups étaient fréquents entre professeurs et élèves, même lorsque les élèves étaient des garçons et les professeurs des femmes. Pour Al Capone, l'école représentait un milieu disciplinaire sévère où la violence était la porte de sortie.

Al a très bien réussi jusqu'en sixième année, où tout a commencé à ce dégrader rapidement. À l'âge de 14 ans, perdant patience envers l'enseignante, elle le frappa et il la frappa à son tour. Il fut renvoyé et ne remis jamais les pieds à l,école. Au même moment, la famille déménagea au 21 Garfield Place. Ce changement eut un impact certain sur Al puisque c'est dans ce quartier qu'il fit la rencontre des deux personnes qui allaient l'influencer le plus : sa femme Mae et le gangster Johnny Torrio.

À quelques coins de rue de la maison familiale des Capone, un petit édifice plutôt sobre servait de quartier général à la plus prospère des gangs de la Côte Est. Johnny Torrio était un gangster de la nouvelle école, un pionnier de l'entreprise criminelle moderne. Les talents organisationnels et administratifs de Torrio ont donné une structure corporative à l'escrocquerie pure et simple, amenant la prospérité à toutes ses entreprises. Le jeune Capone a trouvé en Torrio un mentor inestimable qui lui permis de poser les assises de sa future entreprise criminelle qu'il allait établir à Chicago.

Torrio était chétif et appris à un très jeune âge que sur la rue, l'esprit, l'ingénuosité et la capacité de former des alliances étaient synonymes de survie. Gangster et gentilhomme, il menait au grand jour ses escrocqueries tout en gardant caché ses activités liées à la prostitution et à la tenue de maisons closes.

Torrio était un modèle pour plusieurs jeunes du quartier. Capone, à l'instar de plusieurs autres jeunes garçons, gagnait son pécule en faisant des commissions pour Torrio. Avec le temps, ce dernier en vint à avoir de plus en plus confiance au jeune Al et lui confia de plus en plus de responsabilités. Par ailleurs, Al fit ses classes en observant la façon de faire du gangster et de son entourage. Bergreen explique qu'une des leçon du maître fut de mener une vie extérieure aux activités illégales exempte de tous soupçons, de séparer sa vie personnelle et professionnelle. Un peu comme si maintenir une vie personnelle calme et exemplaire légitimisait les activités criminelles. C'est cette hypocrisie, une seconde nature chez Johnny Torrio, qu'il inculqua à Al Capone. En 1909, Torrio déménagea à Chicago et Capone tomba sous d'autres influences.

Les jeunes immigrants de Brooklyn se tenaient avec les leurs (les juifs avec les juifs, les italiens avec les italiens, les irlandais avec les irlandais...). Ce n'était pas les gangs violentes que nous connaissons aujourd'hui mais plutôt des groupes de jeunes garçons d'un même quartier se tenant ensemble. Capone était un dur qui fit partie des South Brooklyn Rippers puis des Forty Thieves Juniors et des Five Points Juniors. Comme le décrit John Kobler, les gangs de rues représentaient une évasion, la liberté et la soupape nécessaire à toute l'énergie réprimée de ces jeunes. Les écoles et les paroisses, qui auraient pu aider ces jeunes, n'avaient pas les fonds pour le faire. De plus, peu d'écoles étaient équipées d'un terrain de jeu ou d'un gymnase ou même d'un programme d'activités parascolaires. Ces jeunes formaient donc leur propre petit monde, à l'écart et opposé à celui des adultes. Avec à leur tête un garçon plus âgé, ils avaient leur propre agenda : explorations, paris, petits vols, vandalisme, expérimentations avec la cigarette et l'alcool, rituels secrets, réunions grivoises, bagares avec les bandes rivales.

Malgré les relations d'Al avec les gangs de rues et Johnny Torrio, rien ne laissait présager qu'il choisirait la voie du crime. Vivant chez ses parents, il fit ce qui était attendu de lui lorsqu'il quitta l'école : travailler et aider à faire vivre la famille. La famille Capone était prospère sous la férule de Gabriele. Le père était propriétaire de son salon de barbier ; la mère faisait des enfants, plusieurs garçons et deux filles, dont une mourru en bas âge. Le seul hic dans la vie tranquille de la famille fut lorsque Vincenzo (James) parti vers l'Ouest en 1908.
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TrinacriaLupara

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MessageSujet: Al Capone 2   Sam 19 Mai 2007, 03:01



Durant le même mois, Elmer Irey se rendit à Chicago pour rencontrer l'agent Arthur P. Madden et de planifier leur stratégie. Il devenait clair pour eux que, pour réussir à court terme, ils leur fallait infiltrer l'organisation de Capone. Avant de retourner à Washington, Irey passa deux jours dans le lobby du Lexington Hotel, se faisant passer pour un vendeur. Dès qu'il eut une meilleure idée du type de gens qui gravitaient autour de Capone, il décida de trouver deux agents doubles qui pourraient, en se faisant passer pour des gangsters, infiltrer l'organisation de Capone.

«Le choix évident était Michael J. Malone. C'était un bon acteur, ayant de la facilité à se mêler aux autres. Il avait des nerfs d'acier et une intelligence aiguisée. Son teint foncé, presque méditérannéen et sa connaissance de l'italien faisait de lui le candidat idéal pour infiltrer l'empire à majorité italienne de Capone.» (Ludwig, Smith) Un autre agent double fut choisi comme partenaire dans cette entreprise risquée. Malone allait porter le nom De Angelo et l'autre agent, celui de Graziano. La création de leur nouvelle identité de petits escrocs de Brooklyn fut l'objet d'efforts constants. Leur vie en dépendait puisque la bande de Capone ne manquerait pas de passer au peigne fin chaque détail de leur identité. La réussite de l'infiltration tenait à l'apprentissage du rôle de chacun.

Un intermédiaire devait être trouvé puisque ni Graziano ni De Angelo ne pouvait être vu en train de converser avec Irey ou Madden. Frank J. Wilson, 43 ans, fut désigné. Il allait être intermédiaire tout en s'occupant de la coordination de l'opération et d'une partie de l'investigation. En juin 1930, Wilson reçu l'approbation de la part de l'éditeur eccentrique du Chicago Tribune pour questionner un de leurs journalistes. Jake Lingle était un ami d'Al Capone et se vantait de la relation. Selon Bergreen, Lingle voulait plus que la connection profitable qu'il avait avec le groupe. «Son influence lui faisait croire qu'il était invulnérable alors qu'en vérité, c'était tout le contraire. Agir comme agent double ou agent triple était trop palpitant pour résister à une telle offre. Non satisfait du rôle qu'il jouait déjà, il accepta pour servir d'informateur pour le gouvernement fédéral.»

L'assermentation de Lingle était prévue pour le 10 juin ; la veille, il fut assassiné d'une balle derrière la tête. Le tollé fut sans précédent. Capone le suivi de sa maison de Miami Beach. Lorsque questionné au sujet de Lingle, Capone répondait que les journaux et les journalistes devraient s'occuper de combattre le crime plutôt que de l'encourager. Il rajoutait que ce n'était pas à lui de mentionner cela mais que c'est ce qu'il croyait. Pendant ce temps, Mike «De Angelo» s'installa au Lexington Hotel, revêti des habits luxueux et occupa son temps à lire les journaux au bar. Éventuellement, les acolytes de Capone lui parlèrent et lui posèrent des questions sur ses antécédents.

«Nous voulons savoir la vérité sur vous», lui dit un des gangsters. «Vous avez l'air de quelqu'un en fuite qui pourrait être intéressé par une proposition. Le monde est petit puisque nous pourrions peut-être avoir une telle proposition pour vous.» De Angelo joua le jeu. «En fait, je suis ouvert à une proposition, mais elle doit en valoir la peine. Si vous voulez toute l'histoire, je ne connais pas la raison de ma venue ici sauf pour l'occasion de rencontrer le Big Boy.»

Le gangster lui répondit qu'il devait faire quelques vérifications mais l'invita à rester encore quelques jours afin qu'il puisse lui donner une réponse. De Angelo espérait ne pas avoir fait de faux pas ou il serait un homme mort. Quelques jours plus tard, il fut invité à rencontrer les membres du groupe et Capone lui-même lors d'une grande fête. Pleinement au courant que Capone invitait à un repas les traîtres pour ensuite les battre à coups de bâton de baseball, De Angelo se rendit à l'endroit mentionné nerveusement. Heureusement, la minutie D'Irey lors de la confection de l'identité de son agent fut largement récompensée. De Angelo fut nommé croupier au sein d'une des maisons de jeu de Capone à Cicero.

Juste avant le procès de Ralph Capone, De Angelo découvrit que la bande de Capone allait s'occuper des témoins du gouvernement. Grâce au travail de son agent, Irey augmenta la protection des témoins. Le résultat fut un verdict de culpabilité pour l'accusé et aucun «accident» pour les témoins. Quelques mois plus tard, Graziano rejoignit De Angelo et prit un emploi consistant à surveiller les livraisons de bière de Capone. Juste avant Noël, les deux agents découvrirent un complot contre Wilson et l'arrêtèrent juste à temps. Maintenant que Capone connaissait le rôle de Wilson, Irey voulut lui donner une autre assignation. Wilson refusa net. Cette atteinte à sa vie ne faisait que renforcer sa détermination quant à coincer Capone.

La vraie récompense des efforts des agents vint au cours d'une conversation entre Graziano et un des employés de Capone. «Les gars du fisc ne sont pas trop intelligents. Ils ont des preuves contre Al depuis cinq ans qui pourraient l'envoyer en prison mais ils sont trop idiots pour s'en appercevoir.» La montagne d'informations recueillie lors d'un précédent raid au Hawthorne Hotel incluait un grand livre où étaient indiquées les opérations financières du Hawthorne Smoke Shop pour les années 1924-1926. Ce dont Irey avait maintenant besoin était l'identité des deux comptables ayant fait les entrées. L'écriture ne correspondait à aucun des hommes de Capone. Il y avait beaucoup de chance que Capone les ait fait éliminer lors de la saisie.

Graziano prit un risque énorme et demanda à son interlocuteur si on s'était «occupé» des comptables. Le gangster lui répondit que les deux hommes n'avaient pas été liquidés puisqu'ils n'étaient que deux drogués qui avaient quitté la ville lors de la saisie. Chose incroyable, le gangster lui donna alors le nom des deux hommes : Leslie Shumway et Fred Weiss. Alors que 1930 tirait à sa fin, Capone débuta une vaste campagne de publicité. Il mit sur pied une soupe populaire destinée aux gens qui avaient perdu leur emploi à cause de la dépression. Pendant les deux derniers mois de l'année, la soupe populaire servi trois repas gratuits par jour. «La soupe populaire était calculée soigneusement afin de réhabiliter son image auprès de la population de travailleurs qui, avait-il réalisé, avait commencé à le voir comme un autre géant incroyablement riche.» (Bergreen)
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MessageSujet: Al Capone 3   Sam 19 Mai 2007, 03:02

Au début de 1931, les hommes d'Irey retrouvèrent Shumway à Miami, travaillant ironiquement aux pistes de course Hialeah, où Capone allait presque quotidiennement lorsqu'il était dans la ville. Frank Wilson se rendit à Miami afin de questionner Shumway et réussit à s'enfuir de la ville en compagnie du comptable une demie heure avant qu'une voiture remplie de gros bras n'arrive afin de s'occuper du délateur. Fred Reiss s'était caché à Peoria, Illinois. Les deux hommes acceptèrent de coopérer pleinement à l'enquête en échange de protection. D'autre part, Eliot Ness connaissait un succès certain à retracer et cadenasser les brasseries de Capone. Lui et ses intouchables avaient en leur possession des preuves de violation de la loi sur la Prohibition qui allaient être utilisées si l'accusation d'évasion fiscale ne fonctionnait pas.

Ness désirait autant humilier Capone publiquement que l'envoyer en prison. Le meurtre d'un de ses amis fut le point de départ du plan pour embarrasser publiquement Capone. Les nombreuses saisies dans les brasseries et les magasins de liqueur avaient permis de ramasser quelques 45 camions, la plupart neufs. Afin d'entreposer la collection de camions destinés à la vente aux enchères, le gouvernement avait loué un lieux d'entreposage afin d'y garder les véhicules. Il fallait cependant y amener les camions saisis. Ness eut l'idée de porter un coup à l'orgueuil de Capone, ce que personne n'avait encore tenté. Il fit polir les camions et s'organisa pour que des chauffeurs les conduisent. Lorsque tout fut au point, il fit son coup le plus audacieux. Il passa un coup de fil au Lexington Hotel, où Capone avait ses quartiers et réussit parler à Capone lui-même.

«Eh Snorkey», un surnom utilisé par les plus proches de Capone, «je voulais te dire que si tu regardes par la fenêtre donnant sur Michigan Avenue à 11h tappant, tu verras quelque chose qui devrait t'intéresser.»

«Qu'est-ce qu'il y a ?» demanda Capone, une curiosité évidente dans la voix.

«Regarde et tu verras» lui répondit Ness avant de raccrocher.

Le convoi passa devant le quartier général de Capone à 11h du matin. Avançant lentement, celui-ci passa devant un groupe de gangsters affiliés à Capone regroupés devant l'hôtel. Ness pouvait apercevoir la comotion sur le balcon de Capone. C'était un grand jour pour Ness et son équipe. «Ce que nous avons réussi ce jour-là était d'enrager les criminels les plus sanglants de l'histoire. Nous avons mis sous leur nez la défiance des intouchables ; ils devaient savoir que nous étions préparés à nous battre jusqu'à la fin.»

Ness avait réussi à rendre Capone hors de lui. Tout de suite après la parade, Capone traversa sa suite, brisant tout sur son passage. Non seulement Ness avait-il réussi à enrager Capone mais il avait aussi pris une bouchée substancielle de l'entreprise criminelle. De l'équipement de brasserie valant plusieurs millions de dollars avaient été saisis et détruit, des milliers de litres de bière et d'alcool avaient été jetés en plus des plus importantes brasseries qui avaient été fermées.

La mise sur écoute des lieutenants de Capone révélèrent la gravité de la situation. La bande avait dû réduire ses pots-de-vin et ses paiements aux policiers. La bière devait être importée afin de fournir les bars clandestins qui auparavant se fournissaient chez Capone. Les choses s'agravèrent lorsqu'un raid ferma une opération gigantesque qui fournissait 20 000 gallons par jour. La mission du gouvernement tirait à sa fin au début du printemps 1931. Devant l'ordonnance de limitation de six ans pour les premières preuves, le gouvernement se devait de porter des accusations sur les preuves dattant de 1924 avant le 15 mars 1931. Quelques jours avant cette date, le 13 mars, un grand jury fédéral fut réuni afin de vérifier l'accusation selon laquelle Capone devait 32 488,81$ en taxes pour l'année 1924. Le jury inculpa Capone, inculpation qui demeura secrète jusqu'à ce que l'enquête soit complète pour les années 1925 à 1929.

Le 5 juin, le grand jury se rencontra de nouveau et inculpa Capone de 22 chefs d'accusation d'évasion fiscale totalisant plus de 200 000$. Une semaine plus tard, une troisième inculpation fut votée concernant les preuves amassées par Ness et son équipe. Capone et 68 membres de sa bande furent accusés de près de 5000 violations du Volstead Act, certaines datant d'aussi loin que 1922. Les accusations d'évasion fiscale allaient cependant passer avant les accusations réliées à la Prohibition. Capone risquait 34 ans de prison si le gouvernement gagnait sur toute la ligne. Les avocats de Capone présentèrent au procureur général Johnson une proposition. Capone allait plaider coupable en échange d'une sentence légère. Johnson, après en avoir discuté avec Irey et le nouveau secrétaire du Trésor Ogden Mills, accepta l'offre et s'engagea à recommander une sentence de deux à cinq ans.

Pourquoi le gouvernement, après tous ses efforts, accepta-t-il une sentence si légère ? Premièrement, malgré tous les efforts afin de cacher Shumway et Reiss, il était douteux que les deux hommes vivent assez longtemps pour témoigner. Capone avait mis leur tête à prix pour 50 000$ chacun. Quelques doutes subsistaient également concernant l'ordonnance de limitation de six ans, à savoir si elle serait acceptée par la Cour Suprême. Une cour d'appel avait déjà rendu une décision sur une ordonnance de trois ans pour l'évasion fiscale. Finalement, les risques étaient élevés pour que le jury soit soudoyés ou intimidé.

Lorsque la nouvelle de l'accord fut connue, la presse exprima son outrage quant au fait que Capone puisse s'en sortir aussi bien. Capone était un homme heureux lorsqu'il se rendit en cour le 16 juin. Lorsqu'il plaida coupable, le juge Wilkerson ajourna la séance jusqu'au 30 juin. Capone dit à la presse qu'il analysait des offres des studios de cinémas afin de faire un film sur sa vie. Il était de fort bonne humeur lorsqu'il revint devant le juge pour recevoir sa sentence.

Le juge Wilkerson avait cependant une surprise pour Al. «Les parties d'une cause criminelle ne peuvent stipuler sur le jugement qui sera rendu» dit fermement le juge. Il leur dit clairement que que même si il allait écouter attentivement les recommandations de Johnson, il n'était pas obligé d'y souscrire. «Il est temps que quelqu'un fasse comprendre à l'accusé qu'il est absolument impossible de négocier avec une cour fédérale.» Ce fut un choc pour Capone. L'accord était à l'eau et Al était inquiet. Il fut autorisé à retirer sa déclaration de culpabilité et un procès fut fixé pour le 6 octobre.

Capone passa son été en liberté dans son ancienne cachette de Lansing, au Michigan, apparemment résigné au procès. Cependant, les membres de sa bande avaient obtenu la liste de jurés potentiels et se mirent à les soudoyer de toutes les manières possibles. Wilson eut vent des manoeuvres et, en compagnie de Johnson, en fit part au juge Wilkerson. Le juge n'était ni surpris, ni inquiet. «Préparez votre cause tel que prévu et laissez-moi m'occuper du reste.»
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MessageSujet: Al Capone 4   Sam 19 Mai 2007, 03:02

Le 6 octobre 1931, quatorze détectives escortèrent Capone au palais de justice. Les mesures de sécurité étaient des plus serrées ; Capone fut conduit à la salle où le procès allait se dérouler par un tunnel puis un monte-charge. Le tsar du crime portait un habit conservateur de serge bleue. Aucune bague ou bijoux voyants cette fois. Les journaux avaient envoyé leur meilleur journaliste, la crème de la crème du milieu journalistique. La question posée constamment à l'accusé était : «Êtes-vous inquiet ?»

«Inquiet ?» répondait avec un sourire Capone. «Qui ne le serait pas ?» Bergreen note qu'alors, Al démontrait une certaine confiance. Il croyait que son organisation s'était occupé du jury et que tout ce qu'il lui restait à faire était de se présenter en cour chaque jour, être poli et respectueux jusqu'à ce qu'il soit déclaré non coupable. À ce moment, il resterait magnanime et dirait à la presse qu'il n'en voulait pas aux gars du gouvernement puisqu'ils ne faisaient que leur boulot.

L'équipe du gouvernement était composée du procureur général Georges E. Q. Johnson, un homme grand portant des lunettes cerclées d'or, et des procureurs Samuel Clawson, Jacob Grossman, Dwight Green et William Froelich. Un journaliste fit la comparaison entre Johnson et Capone :« le visage aux traits gras de Capone, la boule de chair à l'arrière du cou est contrastante avec le visage mince du procureur, sa tignasse grise ainsi que son apparence sèche.»

Le juge Wilkerson fit son entrée. Il n'avait pas revêtu sa robe sur son habit sombre. «Le juge Edwards préside un procès commençant aujourd'hui» annonça-t-il. «Allez chercher le jury dans sa salle d'audience et amenez-lui le jury ici présent.» Tout le monde était surpris, mais pas autant que Capone et son avocat, Me Michael Ahern. Le nouveau jury, des hommes blancs provenant de la campagne pour la plupart, n'avaient jamais figuré sur la liste qu'avait en main Capone et n'avaient donc pu être soudoyés. Ces jurés allaient être séquestrés rendant impossible toute atteinte par l'organisation de Capone.

Le 17 octobre, Johnson fit le résumé des débats devant un jury composé d'hommes provenant d'un milieu rural, tout comme lui. À la suite de l'énoncé des faits, il se concentra sur Capone. «Je suis un peu surpris de la manière dont la défense a usé afin de créer l'illusion de mystère et de romance entourant cet homme. Qui est-il ? Qui est cet homme qui, durant les années prises en considération durant ce procès, a si largement dépensé, selon ses déclarations, près d'un demi million de dollars ?Est-il le petit garçon qui a trouvé l'or au pied de l'arc-en-ciel qu'il a dépensé sans compter, ou est-il, comme le prétend son avocat, Robin des Bois ? Est-ce Robin des Bois qui a acheté pour 8 000$ de boucles de ceinture ornées de diamants afin de les donner aux chômeurs ? Non. Était-ce Robin des Bois qui a payé une facture de viande au montant de 6 500$ ? Est-ce allé aux chômeurs ? Non, mais plutôt à la maison sur Palm Island. A-t-il acheté ces chandails à 27$ afin de les donner aux hommes tremblant de froid et dormant sous Wacker Drive la nuit ? Non.

L'accusé a-t-il, à quel que temps ou quelqu'endroit que ce soit, dirigé une affaire légale ? Y a-t-il eu quelqu'apparence de contact avec une telle entreprise ? Quel tableau avons-nous ici : aucun revenu mais des boucles de ceinture ornées de diamants, des chandails à vingt-sept dollars, des meubles pour sa maison, soit 116 000$ non déductible de ses revenus. Malgré tout, son avocat vient nous dire que cet homme n'a aucun revenu !»

Tard le samedi soir 17 octobre 1931, après neuf heures de délibérations, Capone fut déclaré coupable sous quelques uns des chefs d'accusation d'évasion fiscale. Le samedi suivant, le juge Wilkerson condamna Capone à onze ans de pénitentier, cinquante mille dollars d'amende et à payer 30 000$ en frais de cour. La caution lui fut refusée Capone fut transporté à la prison du comté de Cook en attendant son transfert au pénitentier fédéral.

«Capone tenta de sourire», rapporta le New york Times, «mais c'était un sourire amer. Il léchait ses grosses lèvre. Il se dandinait sur ses jambes. Sa langue tambourinait l'intérieur de ses joues. Il essayait d'être nonchalant mais ses mouvements trahissaient ses sentiments de colère. Il était sur le bord de piquer une sainte colère. Un dur coup venait d'être porté au chef d'un immense empire. Il tortillait ses doigts maladroits derrière son dos.»

Alors que Capone quittait le palais de justice, un officiel du fisc confisqua sa propriété afin que le gouvernement puisse récupérer ses taxes impayées. Capone perdit son calme et tenta d'attaquer l'agent mais fut retenu par les officiers qui en avait la garde. Le gouvernement décida de ne pas poursuivre Capone pour les violations envers la Prohibition, dont les preuves avaient été amassées grâce à un long et ardu travail de la part de Ness et de ses agents. Ces dernières furent conservées afin de servir si Capone réussissait à se défaire de l'accusation d'évasion fiscale. L'appel logé fut refusé et, en mai 1932, les intouchables escortèrent Capone au train qui allait l'amener au pénitentier d'Atlanta.

Ness s'assura que les compartiments du train étaient sécuritaires et vérifia une dernière fois le prisonnier, qui avait retiré son manteau et allumé un cigare.

«Je suis en route pour faire onze ans», dit-il, regardant Ness. «Je dois le faire, c'est tout. Je n'en veut à personne. Certains sont chanceux. Je ne l'ai pas été. De toute façon, il y avait trop de chose en dehors de mon pouvoir, payer des droits et remplacer les camions et les brasseries. Ils devraient rendre cela légal.»

«Si c'était légal, tu ne voudrais pas y être associé» lui répondit Ness en s'éloignant, le voyant pour la dernière fois.

Le frêre aîné d'Al Capone, James Vincenzo Capone, quitta la maison de Brooklyn en 1908, à l'âge de 16 ans. Ayant toujours été entêté et indépendant, il voulait fuir la ville surpeuplée et gagner l'Ouest, où l'avenir était plus prometteur. Fort et musclé, avide d'aventures et de grands espaces, il joignit une troupe de cirque et voyagea à travers le Midwest. Il fut confronté pour la première fois aux indiens et développa une facination pour leur culture.

Il devint aussi très habile avec les armes et, lorsque la Première Guerre Mondiale éclata, il s'enrôla et fut envoyé en France avec la force expéditionnaire américaine. C'était un excellent tireur d'élite en plus d'être un bon soldat et il fut promu lieutenant. Il fut le seul fils Capone de cette génération à se battre lors de la Première Guerre. Sa famille restée à Brooklyn n'avait pas connaissance de son service militaire. Il avait en quelque sorte coupé tout contact avec sa famille.

Après la guerre, il prit un train allant au Nebraska et s'installa dans la petite ville de Homer où, en 1919, il secouru une jeune femme nommée Kathleen Winch ainsi que sa famille lors d'une innondation soudaine.Peu après, Capone, qui avait prit le nom Richard Hart, épousa la jeune femme. Alors que sa famille s'élargissait, il tenta de vivre une vie ordinaire à Homer mais le besoin d'aventures se fit bientôt sentir.

Lorsque la loi sur la Prohibition fut votée en 1920, Hart y vit l'occasion d'occuper un emploi plus intéressant où ses qualités de tireur seraient utiles. Il devint officier de la Prohibition. Incroyablement, alors que son jeune frêre établissait sa réputation de contrebandier à Chicago, son grand frère se faisait un nom en combattant aggressivement les alambics illégaux au Nebraska. Il n'était pas seulement un agent de la Prohibition mais aussi gardien de la paix aux frontières, arrêtant régulièrement les voleurs de chevaux et autres criminels.

Alors que sa réputation d'homme de loi grandissait, il fut engagé par le ministère des affaires indiennes américain afin d'empêcher l'alcool de pénétrer à l'intérieur des réserves. Hart, sa femme et ses quatre fils s'établirent au sein des tribus, notament les Sioux et les Cheyenne. Au cours de son travail, lui et sa famille apprirent plusieurs langues indiennes et nouèrent de très bonnes relations avec les chefs de tribu.

Son incroyable capacité à manier les armes ainsi que la paire le pistolets ornés de perles accrochée à sa ceinture lui valurent le surnom de «Two-Gun Hart». Dans une partie du Midwest, les gros titres disaient : «Two-gun Hart attrape son homme» et «Two-Gun Hart enferme les contrebandiers d'alcool». À un moment, Two-Gun fut garde du corps pour le président Calvin Coolidge. Ses deux frères cadets, quant à eux, occupaient les premières pages des journaux d'une manière différente dans une autre partie du Midwest.

Hart continua sa carrière d'agent de la Prohibition jusqu'à ce que celle-ci soit terminée. Il devint alors shérif de la ville natale de son épouse, Homer, au Nebraska. Hart était très attaché à sa famille et apprit à ses fils et petits-enfants les rudiments de la chasse et les sports de plein-air. Il garda cependant longtemps secret son vrai nom et ses origines. Éventuellement, au début des années quarante, il contacta discrètement ses frères à Chicago et rencontra Ralph et John Capone à Sioux City, en Iowa. Il se rendit alors à Chicago afin de voir sa mère, Theresa. Lorsqu'il revint chez lui, il annonça à Kathleen et à ses fils qu'il était en fait le frère d'Al Capone. Lors de plusieurs instances, lorsque les difficultés financières affligeaient le famille Hart, son frère Ralph l'aidait en lui envoyant un chèque.
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MessageSujet: Al Capone 5   Sam 19 Mai 2007, 03:03

En 1946, Two-gun permis à son fils Harry Hart de l'accompagner au chalet familial des Capone au Wisconsin où il aurait la chance de rencontrer son célèbre oncle, Al Capone, qui au même moment était sorti de prison et souffrait de syphilis tertiaire. Two-Gun averti Harry de ne pas trop s'attacher à son oncle durant cette visite. Les deux frères appartenaient à deux mondes différents. Hart ne voulait tout simplement pas que son fils soit influencé par un des personnages de cet autre monde.

En 1952, Two-gun Hart fut terrassé par une crise cardiaque qui lui fut fatale. Kathleen et Harry étaient à ses côtés. Son fils ainé, Richard Hart Jr, avait été tué lors de la Deuxième Guerre Mondiale alors que ses deux autres fils s'étaient établis au Wisconsin. Cela semble inconcevable que les deux frères, Al Capone et Richard Hart, puissent avoir vécu des vies si différentes chacun d'un côté de la loi. Cependant, lorsqu'on regarde les qualités qui ont rendu possible leur succès, des similarités sont évidentes : intelligence, initiative, prise de risques, force de caractère et du devoir, persistence et conviction, en plus de leur capacité à diriger et à persuader les autres. Étrangement, c'était une loi du pays, la Prohibition, qui amena ces mêmes qualités à se manifester.

Initialement, Al fut emprisonné au pénitentier américain d'Atlanta et en devint très rapidement son plus célèbre prisonnier. Des accusations fusèrent presque immédiatement qu'il y vivait comme un roi. Alors que 'c'était clairement une exagération, il vivait mieux que les autres prisonniers. Il avait plus de bas, sous-vêtements, paire de draps, etc. que tout autre prisonnier. Il entretenait ces extravagances grâce au manche creux de sa raquette de tennis qui contenait plusieurs milliers de dollars comptant. En 1934, le procureur général Homer Cummings prit le contrôle de la prison située sur l'Île d'Alcatraz afin d'y loger les criminels dangereux et insoumis. Lors d'un discours radiophonique, Cummings expliqua que «sur l'île seront isolés les criminels dangeureux et incorrigibles afin que leur influence malsaine ne puisse s'étendre aux autres prisonniers».

En août 1934, Capone fut transféré à Alcatraz. Ses jours de pacha étaient terminés. «Capone ne pouvait rien diriger sur ou à partir d'Alcatraz ; il n'allait même pas avoir connaissance de ce qui se passerait à l'extérieur. Il n'y aurait pas de lettres ou de messages clandestins. Toutes lettres entrantes étaient censurées puis retapées par les gardes en omettant les sujets interdits, ce qui incluait la moindre mention d'entreprises ou des actions d'anciens associés. Les censeurs enlevaient même les mentions de nouvelles courrantes. Les journaux étaient interdits et les magazines devaient dater de plus de sept mois. La seule source d'information était les nouveaux arrivants. Au mieux, les prisonniers pouvaient écrire une lettre par semaine, elle-même censurée, et cela au membres immédiats de la famille seulement. Les visites étaient limitées à la famille, au nombre de deux par mois et devaient faire l'objet d'une demande par écrit au directeur chaque fois. Aucun contact physique n'était permis entre visiteurs et prisonniers. Ils étaient séparés par une vitre... Personne ne pouvait fournir de l'argent à Capone, argent qu'il n'aurait de toute façon pas pu utiliser.» (Schoenberg)

Comment fit Capone pour s'adapter à cette perte de popularité et cette baisse de statut ? Il semblait s'ajuster plutôt bien et s'accordait mieux que quiconque à sa nouvelle vie. Ce n'était cependant pas la même chose côté santé. La syphilis contractée alors qu'il était très jeune entrait dans la phase tertiaire, appelée neurosyphilis. Dès 1938, il était confus et désorienté. Al passa la dernière année de sa sentence, qui avait été réduite à six ans et cinq mois pour sa bonne conduite et le travail effectué, dans l'infirmerie afin de soigner sa syphilis. Il fut libéré en novembre 1939. Mae le conduisit dans un hôpital de Baltimore où il fut soigné jusqu'en mars 1940.

Sonny Capone semblait être un jeune homme remarquablement amical et bien ajusté malgré ses origines inhabituelles. En 1940, il épousa une irlandaise et élu domicile à Miami. Sonny et Diana donnèrent à Al et Mae quatres petites-filles qui reçurent beaucoup d'attention. Pendant ses dernières années, la santé d'Al se détériora lentement au sein de la splendeur de son domaine de Palm Island. Mae l'accompagna jusqu'au 25 janvier 1947, date à laquelle il mourru d'une crise cardiaque entouré de sa famille éplorée. Une semaine auparavant, Andrew Volstead, père du Volstead Act qui mena à la Prohibition de 1920 à 1933, mourru à l'âge de 87 ans.

«Pendant quarante-huit ans, Capone marqua les racquets et Chicago et démontra plus que quiconque la folie qu'était la Prohibition ; il amassa en même temps une fortune. De plus, il captura l'imagination du public américain comme peu de figures publiques réussissent à le faire. La popularité de Capone aurait dûe être passagère mais se logea plutôt dans l'imaginaire collectif américain, pour qui il avait défini le concept du crime en une entreprise organisée calquée sur les corporations. Il ne manquait jamais de mentionner que la majorité de ses crimes étaient relatifs ; la contrebande d'alcool était illégale parce qu'un certain nombre de lois l'avait décrété. Puis les lois furent changées.»*

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MessageSujet: Al Capone 2   Sam 19 Mai 2007, 03:07



Al Capone est le plus célèbre des gangsters americain des années 1920 et années 1930. Personnage emblématique de l'effondrement de l'état de droit dans les États-Unis de la prohibition, son œuvre criminelle a conféré à Chicago la triste réputation d'une ville sans foi ni loi.


Biographie


Al Capone né Alphonse Caponi le 17 janvier 1899 à New York, dans le quartier à majorité afro-américaine de Brooklyn. Adolescent, il rejoint la bande des Brooklyn Rippers, puis celle des Forty Thieves Juniors. Plus tard, on le retrouve à Manhattan, dans le gang des Five Points dirigée par Frankie Yale. Celui-ci l'engage comme barman et videur au Harvard Inn. C'est au cours d'une dispute avec un client qu'il reçoit sur la joue le coup de rasoir qui lui vaudra son surnom « Scarface », le « Balafré » en français.
En 1918, il épouse une irlandaise du nom de Mary Coughlin. Il commet au moins deux meurtres avant de partir s'installer à Chicago et se mettre au service de Johnny Torrio, un patron de la pègre. En 1922, ayant fait la preuve de ses bonnes dispositions, Capone devient le bras droit de Torrio.
En 1925, Torrio est grièvement blessé au cours d'une fusillade et décide de prendre sa retraite dans son Italie natale, abandonnant les commandes à Capone. La guerre impitoyable que celui-ci livre alors à ses adversaires Bugs Moran et Hymie Weiss, ainsi que l'instauration, sous sa férule, d'une corruption organisée des autorités locales lui assurent une renommée internationale.
Al Capone a surtout laissé un nom dans l'histoire du grand banditisme pour avoir été, de 1925 à 1930, au plus fort de la Prohibition, le patron de l'industrie du vice à Chicago. Il a amassé une fortune immense (ses revenus annuels ont atteint 100 millions de dollars de l'époque) grâce à l'exploitation de speakeasies (bars clandestins), de tripots, de bordels, de boîtes de nuit, de distilleries et de brasseries, et à ses activités dans le milieu hippique. Ses méthodes d'intimidation étaient telles que, faute de témoins à charge, il ne fut jamais poursuivi, même pour des crimes notoires.
Al Capone est l'instigateur du massacre de la Saint-Valentin (« Valentine massacre ») (14 février 1929), au cours duquel ses principaux adversaires sont abattus, alors que lui-même se trouve en Floride.
En 1931, il est condamné pour fraude fiscale, finalement trahi par un train de vie exagérément supérieur à ses revenus officiels.
Le gouvernement fédéral ayant en effet renforcé la répression en matière fiscale, Eliot Ness, agent du bureau de la Prohibition, secondé de ses fameux « Incorruptibles », ainsi que Frank Wilson, agent du service des impôts, peuvent enfin entrer en action.
Ayant à répondre d'accusations de fraude fiscale et d'infraction aux lois sur la Prohibition, Al Capone plaide d'abord coupable, espérant se tirer d'affaire grâce au paiement d'une caution. Mais après que le juge eût rejeté la requête de l'avocat et l'échec d'une tentative de subornation du jury, l'« Ennemi public N°1 » est déclaré coupable et condamné à onze années de prison, à 50 000 dollars d'amende, et à 30 000 dollars de frais de justice.
Al Capone est d'abord envoyé dans une prison d'Atlanta d'où il peut continuer à gérer ses affaires, avant d'être transféré dans la célèbre prison d'Alcatraz, soumis à un régime très sévère et placé à l'isolement.
Avec la fin de la Prohibition et privé de son chef, l'« Empire » qu'Al Capone a édifié est englouti par ses successeurs. Mal soigné d'une syphilis et ne représentant plus une menace, il est relaxé en 1939, et libéré. Le 21 janvier 1947, alors qu'il vit en Floride, il est victime d'une apoplexie, probablement liée à sa syphilis, et perd connaissance. Il reprend connaissance mais est victime d'une pneumonie, le 24 janvier de la même année : il meurt le lendemain, victime d'un arrêt cardiaque.
Al Capone est d'abord inhumé sur le Mount Olivet Cemetery (« Mont Olivier ») à Chicago, auprès de son père Gabriele et de son frère Frank. Mais en mars 1950, il est inhumé au Mount Carmel Cemetery.



Biographie restituée dans le contexte




Al Capone vers 1917-1918


Les années 1920 aux États-Unis

Le début du XXe siècle dans l'histoire américaine sont marquantes. C'est en 1920 que les femmes obtinrent le droit de vote (19e amendement de la Constitution américaine). C'est aussi dans les mêmes années que le Sénat américain refuse d'adhérer à la Société des Nations, société qui était au départ une idée du président Wilson. Contre celui-ci, Warren Harding fut élu à la présidence dans ces années.
C'est dans ces années de changement que commence le règne d'Al Capone sur Chicago. C'est en effet dans ce contexte sociopolitique que la mafia américaine (dirigée en majorité par des italo-américains) put émerger en puissance dans les villes importantes des États-Unis. Le sénat américain vota en faveur de l'amendement 18 de la Constitution américaine, qui posait les bases de ce qu'on a appelé la Prohibition. C'est donc dans l'objectif de réduire l'alcoolisme, d'augmenter la productivité dans les usines par cette réduction de l'alcoolisme, et de diminuer la violence conjugale que la prohibition entrera en vigueur le 17 janvier 1920. Le nom de l'amendement est « Volstead Act » (décret Volstead), du nom de Andrew J.Volstead qui rédigea le décret.


Adolescence de Capone


Contrairement aux rumeurs colportées sur son lieu de naissance en Sicile, Al Capone est né à Brooklyn le 17 janvier 1899. Alphonsus Capone déménagea plusieurs fois avec sa famille (originaire de la région de Naples) au cours de son enfance, restant néanmoins toujours à New York. Il quitta l'école à 14 ans après avoir frappé un professeur et commença peu de temps après à accomplir de petites missions pour un de ses voisins, Johnny Torrio, qui contrôlait la loterie du quartier italien ainsi que plusieurs bordels et tripots.

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MessageSujet: Re: Al Capone   Sam 19 Mai 2007, 03:08

Suite...


L'avant Parrain


Johnny Torrio, L'homme qui donna sa chance à Capone

Il faisait donc des sales boulots pour Torrio. « Torrio présenta Capone à Frankie Yale, un des maîtres de la pègre new-yorkaise; ce dernier donna du travail là Capone au Harvard Inn qu'il dirigeait sur Coney Island. C'est lors d'une bagarre au sujet d'une fille de l'établissement que Capone reçut les trois coups de rasoir au visage qui lui valut le surnom de « Scarface », le balafré. En 1918, Capone quitta son travail et s'enfuit pour Baltimore. Quand son père mourut en 1920, Torrio le contacta, lui indiquant que Chicago était un terrain quasiment libre l'invitant à le rejoindre sur place. C'est à Chicago collaborant avec Torrio, que Capone commença son ascension vers les plus hautes sphères du crime organisé. »
Quelques faits sur la carrière de Capone afin de montrer la manière de monter les échelons de la « famiglia ». « À l'arrivée de Capone l'organisation de Torrio était déjà une affaire très rentable, rapportant 10 millions de dollars par an grâce à la bière, le jeu et la prostitution. Le gang comptait entre 700 et 800 hommes. Capone commença en bas de l'échelle comme rabatteur à l'entrée d'une maison close. C'est probablement là qu'il rencontra Jack Guzik, un membre d'une famille juive de proxénétisme. Ils se lièrent rapidement, et Guzik devint le trésorier de l'organisation. L'estime que Capone portait à Guzik fut démontrée en 1924, quand un braqueur nommé Jow Howard fit une remarque antisémite en leur présence. Capone l'abattit de six balles, devant témoins, dans un saloon de South Wabash Avenue. Capone fut interrogé par le procureur adjoint de l'État, William McSwiggin, mais relâché faute de preuve, tous les témoins semblaient soudainement souffrir de troubles de la mémoire. En 1922, Capone fut rejoint par son frère Ralph. Al devint patron du Quatre-Deux, et associé de Torrio, recevant un salaire de 25 000 dollars par an. En 1923, poussés par l'élection de William E. Dever un maire peu coopératif qui avait fait fermer 7000 bars clandestins, Torrio et Capone déplacèrent leur quartier général du Quatre-Deux jusqu'à l'Hawthorne Inn, à Cicero, dans la banlieue de Chicago, et donc hors de la juridiction du maire.
Le secteur était dominé par la centrale Western Electric, qui employait 40 000 personnes et payait bien, la population avait donc beaucoup d'argent à dépenser dans les officines de paris et les bars de Capone. Cicero avait aussi une importante communauté tchèque, habituée à la bière bohémienne fournie par les O'donnell du quartier Ouest, qui n'avaient pas rejoint le syndicat de Torrio, et considéraient Cicero comme faisant partie de leur territoire. Sans les en informer, ce que la plus élémentaire courtoisie professionnelle aurait dicté, Torrio testa l'étendue de leur pouvoir en installant une maison de passe sur Roosevelt Road. La police locale, à la demande des O'Donnell, la fit promptement fermer : les O'Donnell désapprouvaient la prostitution. Ils autorisaient le jeu, par contre, mais uniquement sous la forme de machines à sous, contrôlées par un élu local nommé Eddie Vogel. Torrio pour venger la fermeture de son bordel, envoya le shérif du comté de Cool confisquer les machines à sous de Vogel. Torrio organisa ensuite une rencontre avec Vogel et les O'Donnell et négocia une trêve.
Les machines furent rendues, et Torrio accepta de ne pas ouvrir de maisons closes à Cicero. Il permettait aussi aux O'Donnell de continuer la distribution de bière dans certains quartiers de la ville. En échange le Syndicat obtenait l'autorisation de vendre de la bière dans le reste de la ville, et d'ouvrir des casinos et des cabarets ou il voudrait. Ayant pris pied dans Cicero, Torrio laissa les affaires à la charge de Capone et repartir pour l'Italie avec sa mère et quelques millions de dollars. Il acheta une villa pour la vieille femme, mit le reste de l'argent dans une banque italienne, et repartit pour Chicago. »


Al Capone maître de Cicero

Un événement tragique se déroula dans la vie d'Al Capone. La mort de son frère Frank... Le premier défi auquel Capone eut à faire face fut la prise en main de la municipalité de Cicero. L'opportunité s'en présenta à l'occasion de l'élection municipale de 1924, opposant le démocrate Rudolph Hurt et le républicain Joseph Z. Klenga l'élection eut lieu le 1er avril. Capone mit tout le poids du Syndicat dans la balance pour favoriser Klenga. Capone avait installé toute sa famille à Chicago, et ses frère Ralph et Franck, ainsi que son cousin Charly Fischetti aidèrent à la campagne musclée en faveur de Klenha et des autres candidats soutenus par les gangs. Ils étaient assistés par 200 hommes de main installés autour dans bureaux de vote pour terroriser les électeurs. Dans les circonscriptions votant traditionnellement démocrates, ils allèrent jusqu'à vider les urnes pour les bourrer de bulletins de leurs candidats. La violence de ces opérations et la rumeur de la fraude remontèrent jusqu'au juge du comté, Edmund J. Jarecki, qui déploya une force de 70 policiers en civil et en voitures banalisées ayant ordre d'aller chercher les responsables à Cicero. La première personne qu'ils virent en passant devant la centrale électrique fut Frank Capone. Ils freinèrent et sortirent de leurs voitures. Croyant à l'attaque d'un gang rival, Frank tenta de sortir son arme, mais fut coupé en deux par la décharge de plusieurs fusils. Les policiers vidèrent leurs armes sur son cadavre, et le laissèrent là. Il avait 29 ans. Le gang lui organisa de superbes funérailles, dans un cercueil plaqué argent, et la petite maison Capone sur South prairie avenue fut décorée avec 20 000 dollars de fleurs. Al Capone avait perdu un frère, mais il avait remporté l'élection et était à présent le maître de Cicero.
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MessageSujet: Re: Al Capone   Sam 19 Mai 2007, 03:08

L'empire Capone Cool

Pour continuer l'histoire Capone, ce parrain bâtit un véritable empire à la suite de tout cela. La base d'opérations de Capone à Cicéro était L'Hawthorne Inn, au 4833 de la 22e rue. L'attaque qui avait coûté la vie à son frère lui fit renforcer la sécurité, et il fortifia l'endroit, postant des hommes armés dans le hall et faisant poser des volets blindés aux fenêtres. Capone contrôlait à présent 161 bars clandestins à Cicero et 150 tripots. L'un d'entre eux, l'Hawthorne Smoke shop, situé dans Hawthorne Inn, rapportait 50 000 dollars par jour. Capone possédait aussi 22 maisons de passe, ne se sentant plus lié à l'accord passé avec les O'donnell. C'étaient des établissements de dernière catégorie, où les filles se vendaient pour 5 dollars, et où les clients attendaient assis sur des bancs de bois. Le chiffre d'affaires de l'empire de Capone avoisinait les 105 millions de dollars par an mais les coûts de fonctionnement étaient élevés. Les pots-de-vin à la police représentaient 30 millions à eux seuls. Mais malgré tout, les bénéfices restaient colossaux. Les hommes travaillant pour Capone gagnaient 250 dollars par semaine. Comparés aux employés de la Western Electric, ils étaient riches. Capone portait des costumes à 5000 dollars, et n'avait que 25 ans. Capone continue donc à prospérer des années durant. Éliminant sur son passage plusieurs adversaires tel O'Bannion et Weiss. Il continua sa vie de pacha dans le crime. Tous les meurtres qu'il fit restèrent impunis. Tous les procès contre les coups qu'il porta furent abandonnés soit faute de preuve, soit faute de témoin... En 1927 suite au procès opposant Sullivan (un gangster opérant dans la vente d'alcool illicite) au ministère public des États-Unis, la Cour suprême fit passer une loi autorisant le fisc à taxer les revenus de la vente illicite d'alcool au même titre que n'importe quel autre revenu. Même si la loi pouvait sembler absurde à première vue – pourquoi quelqu'un gagnant illégalement de l'argent irait-il le déclarer ?- elle devint vite une arme puissante contre les trafiquants. Ils pouvaient à présent être envoyés en prison pour fraude fiscale s'ils ne déclaraient pas la totalité de leurs revenus. Et s'ils la déclaraient, ils admettaient eux-mêmes leur participation à des activités illégales. Le bureau du procureur fédéral à Chicago estima à 105 millions de dollars le chiffre d'affaire de l'organisation de Capone, au titre du trafic d'alcool, du jeu, du proxénétisme et des rackets. Sur lesquels personne n'avait payé d'impôts. Une loi qui pourrait bien défaire l'empire Capone. Bien que Capone eut un train de vie très dispendieux, il empruntait souvent de fausses identités donc difficile de l'inculper.


Le massacre de la Saint-Valentin


Bugs Moran, la victime principale du massacre, mais qui en échappa
Comment parler de Capone sans revenir sur le 14 février 1929 ? Un massacre célèbre dans l'histoire américaine. Capone avait plusieurs adversaires. L'un d'eux, dirigeant un gang à majorité irlandaise, était particulièrement insistant. C'est pourquoi l'équipe de Capone mit en place une opération probablement imaginée par Jack McGurn, dans le but d'éliminer George Moran et les membres clés de son gang des quartiers nord. Capone quitta Chicago pour la Floride, laissant l'exécution du plan à la charge de Mcgurn, se taillant pour sa part un alibi parfait. Le quartier général de Moran était le garage de la SMS Cartage Company, au 2122 North Clark Street. Capone devait être certain que Moran et ses hommes soient tous réunis avant d'agir. Pour amorcer le piège il demanda à un braqueur de cargaison de Detroit de proposer à Moran de lui vendre un camion de whisky de contrebande (du Canada). Moran accepta d'acheter et demanda qu'on lui amène le camion au garage à dix heures et demie du matin, le 14 février jour de la Saint-Valentin. À l'heure dite, en lieu et place du camion ce furent trois hommes portant l'uniforme de la police de Chicago et des mitraillettes Thompson qui se présentèrent accompagnés de deux hommes en civil. Leur voiture traversa la porte du garage. Il y avait là 7 personnes, 6 membres du gang et un respectable oculiste de Chicago, dont le seul crime était d'aimer fréquenter les gangsters. Les membres du gang ne s'inquiétèrent pas outre mesure, pensant à une simple descente de police. On leur ordonna de s'aligner face au mur. Puis les « policiers » (des hommes de Capone) ouvrirent le feu, les tuant tous. Les experts en balistique retrouvèrent par la suite entre 80 et 100 balles de calibre 45. Bugs Moran, le chef du clan, visé par l'attaque mais qui y avait miraculeusement échappé, déclara : « Seul Capone tue des gens comme cela »


Ennemi public numéro 1


La première arrestation d'Al Capone se fit arranger. Il fut décidé qu'à cause de la publicité du massacre de la Saint-Valentin il serait plus sage de calmer l'opinion publique et de lui donner une peine d'au moins un an. Donc Capone et Hoff le chef d'un poste de police de Chicago se mirent d'accord pour qu'il soit arrêté pour cause de port d'arme illégale. Il fut donc condamné à un an de prison où il fit arranger sa cellule luxueusement (moquette et meuble antique). Il ne fut libéré après dix mois de prison. Fait amusant chaque policier procédant à l'arrestation de Capone reçut 10 000 dollars pour sa capture.
Plusieurs manifestations anti-prohibition se faisaient sentir et l'opinion publique suite au massacre de la Saint-Valentin avait changé face à la mafia. Effectivement, avant le massacre les syndicats du crime jouissaient d'une popularité inouïe. Procurant de l'alcool au gens contre la prohibition ils avaient le soutien populaire. Mais le massacre sanglant et immoral pour certains, choqua l'opinion publique. La mafia n'ayant plus l'appui du public devait se faire plus discrète. Et les manifestations anti-prohibition et anti-mafia se succédèrent, l'amendement 18 de la constitution semblait de plus en plus en passe de disparaître.
En 1930, alors que l'abrogation de la Prohibition devenait probable, un associé de Capone, Murray Llewellyn Humphreys, suggéra une autre source de revenus. Il avait remarqué que les marges sur le lait étaient plus importantes que sur le whisky de contrebande, et le marché plus grand, puisque les enfants en consommaient. Capone adora l'idée. Humphreys fit enlever le président du syndicat local des livreurs de lait, touchant une rançon de 50 000 dollars, qu'il utilisa pour monter sa propre entreprise de livraisons, Meadowmoor Dairies, et mina la concurrence en employant des chauffeurs non syndiqués. Les prix baissèrent, et bientôt Meadowmoor détint un monopole de fait sur ce marché, rare exemple de prise en main d'un marché par un gang à avoir bénéficié au public.


La soupe populaire


À 31 ans Capone était l'homme le plus puissant de Chicago. Son revenu net tiré des rackets et du proxénétisme était estimé à 6 millions de dollars la semaine. Pourtant on était au début de la Grande Dépression. On voyait partout dans le pays des entreprises faire faillite et des sommes folles être englouties par la bourse qui s'effondra le 29 octobre 1929, entraînant à sa suite les marchés financiers du monde entier. Début 1931, alors que la crise s'aggravait, des milliers de chômeurs se retrouvèrent dans les rues de Chicago. Capone saisit l'opportunité de combattre son image d'ennemi public numéro 1 en ouvrant une soupe populaire sur South State Street pendant les mois d'hiver. Le jour de Thanksgiving, il nourrit plus de 5000 personnes. Ces preuves de bonne volonté aidèrent à améliorer son image auprès du peuple américain. Mais ne fit rien pour calmer le fisc, qui se demandait d'où sortait l'argent.

La fin de Capone


Le fisc qui s'acharnait toujours sur « Scarface » n'était pas capable de prouver ni ses meurtres, ni ses trafics d'alcool et ses rackets, les enquêteurs se concentrèrent donc sur les dépenses de ce dernier, les comparant méticuleusement à ses revenus déclarés. Le fisc enquêta dans les boutiques de Chicago et de Miami pour calculer le prix de ses meubles, de sa vaisselle et même de ses sous-vêtements. Après des centaines d'interrogatoires, il était clair que ses revenus étaient bien plus importants que ce qui était déclaré. On chiffra ses revenus nets en 1924 et 1929 à 1 035 654 dollars et 84 cents, représentant 215 080,48 dollars d'impôt. On lui laissa une chance de payer, il refusa. Le 5 juin 1931 il fut inculpé pour fraude fiscale, fut jugé le 7 octobre et condamné a 11 ans de prison et 80 000 dollars d'amende. Il passa d'une prison du comté de Cool à la prison d'État d'Atlanta puis en 1934 à Alcatraz. En 1939 attaqué par la syphilis, il fut envoyé à Terminal Island, près de Los Angeles, puis rendu à sa famille. Capone mourut chez lui, d'une crise cardiaque, le 25 janvier 1947.


L'après Capone

Quand Capone était arrivé à Chicago en 1921, la ville était un méli-mélo de gangs ethniques combattant pour un territoire. Dix ans plus tard, quand il fut envoyé en prison la situation avait bien changé. Quand la prohibition fut abrogée le 5 décembre 1933 par le 21e amendement de la constitution des États-Unis. Les vieux gangs avaient disparu, absorbés par l'organisation de Capone. Les autorités et le peuple américain croyaient qu'en éliminant Capone, en le confinant à Alcatraz, que son gang s'effondrerait. La presse avait donné du gangster l'image du génie du crime, seul responsable de la corruption politique et de la violence qui tenait la ville. Mais tous étaient dans l'erreur. Bien sûr Capone a instauré un modèle de choix dans les organisations criminelles mais lors de sa mort l'organisation ne disparut pas. Capone avait fait de l'organisation de Torrio une entreprise moderne destinée à survivre à ses créateurs. La prohibition lui avait permit d'amasser assez d'argent pour pouvoir diversifier et créer un réseau la liant à d'autres groupes criminels, à New York, dans le New Jersey, à Buffalo, à Cleveland, à Kansas City au Canada et dans les Caraïbes qui tous avaient été impliqués dans la production et la logistique de la contrebande d'alcool. Ces groupes au départ indépendants étaient maintenant en contact permanent. Toute la technologie moderne (téléphone, voiture, autoroute) leur permirent de faciliter les contacts et de créer un réseau très étendu du crime organisé.


Culture populaire pour finir


Al Capone est sans aucun doute le plus célèbre et le plus populaire des gangsters américains du XXe siècle. C'est à ce titre qu'il a fait l'objet de nombreux articles, livres et films. Les interprètes d'Al Capone au cinéma sont nombreux : citons en particulier Wallace Beery, Paul Muni, Rod Steiger, Neville Brand, Jason Robards et Robert De Niro.
À la télévision, la légende d'Al Capone constitue l'un des thèmes de la série des Incorruptibles, commencée en 1959 et adaptée par la suite au cinéma, qui a donné naissance au mythe d'une rivalité personnelle entre le tristement célèbre Balafré et l'incorruptible Eliot Ness.
Mentionnons, pour finir, une apparition d'Al Capone dans l'album d'Hergé Tintin en Amérique, unique exemple dans les Aventures de Tintin où l'on peut voir l'intrépide reporter affronter un personnage ayant vraiment existé.




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MessageSujet: Re: Al Capone   Sam 19 Mai 2007, 13:08

Al capone qui c'est fait vraiment connaitre grace au medias ( journaux ) qu'il avait dans sa poche !!
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MessageSujet: Re: Al Capone   

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Al Capone
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